Le genre · Créer son RPG
RPG Maker : quelle version, quel prix, par où commencer
Faire son propre jeu de rôle sans écrire une ligne de code : c’est la promesse de RPG Maker depuis les années quatre-vingt-dix, et elle tient toujours. Reste à choisir la bonne version, à comprendre ce qu’on paie, et à savoir dans quoi on s’engage. Voici un état des lieux, sans enthousiasme de vendeur.
La rédaction d’Airpg Mis à jour le Lecture : 9 min
Ce que c’est, exactement
RPG Maker est un logiciel de création de jeux spécialisé dans un seul genre : le jeu de rôle en vue de dessus, au tour par tour. Il fournit tout le squelette. Un éditeur de cartes où l’on peint des décors à partir de tuiles, une base de données pour les personnages, les objets, les compétences et les monstres, et un éditeur d’événements où l’on assemble la logique du jeu à partir de commandes prédéfinies.
Cette spécialisation est sa force et sa limite. On obtient un jeu jouable en une soirée, ce qu’aucun moteur généraliste ne permet. En contrepartie, sortir du modèle prévu demande du script, et plus on s’en éloigne, plus on lutte contre l’outil.
Les versions qui comptent aujourd’hui
| Version | Sortie | Pour qui |
|---|---|---|
| RPG Maker MZ | 2020 | Le choix par défaut aujourd’hui : le plus complet, le mieux outillé |
| RPG Maker MV | 2015 | La plus grosse bibliothèque de ressources et de scripts de la communauté |
| RPG Maker VX Ace | 2011 | Léger, très documenté en français, parfait pour apprendre |
| RPG Maker XP | 2004 | Une esthétique reconnaissable, encore utilisée par nostalgie |
| RPG Maker 2000 et 2003 | 2000 | Le style rétro authentique, avec les limites d’époque |
Deux critères suffisent pour trancher. Si vous voulez publier un jeu sur ordinateur avec le moins de friction possible, prenez la version la plus récente. Si vous voulez apprendre en vous appuyant sur des tutoriels et des ressources existantes, prenez une version un peu plus ancienne : la communauté y est plus fournie, et les réponses aux questions de débutant y sont déjà écrites.
Le prix, et ce qu’il faut savoir avant d’acheter
Le prix catalogue des versions récentes se situe autour de soixante-dix à quatre-vingts euros, les versions plus anciennes autour de quarante à soixante. Ce sont des licences définitives, achetées une fois, sans abonnement.
Trois précisions, parce que c’est là que les gens perdent de l’argent.
- Les promotions sont fréquentes et fortes. Les remises de cinquante à quatre-vingts pour cent reviennent plusieurs fois par an sur les boutiques en ligne. Payer le prix fort n’a aucun sens sauf urgence.
- La version d’essai est complète. Elle permet de créer et de tester un projet pendant une période limitée. Faites-en un vrai usage avant d’acheter : c’est la seule façon de savoir si l’outil vous convient.
- La licence couvre la vente de votre jeu. Vous pouvez commercialiser ce que vous produisez, sous réserve d’utiliser des ressources dont vous avez les droits. C’est le point qui coince le plus souvent en pratique.
Votre premier projet, en six étapes
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Faites un jeu de dix minutes
Un village, une grotte, trois combats, un boss, un écran de fin. Le but n’est pas de créer quelque chose de bien, c’est de traverser tout le logiciel une fois.
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Apprenez les événements avant les graphismes
Les interrupteurs et les variables sont le vrai coeur de l’outil. Tant qu’ils ne sont pas compris, la moindre porte fermée devient un problème insoluble.
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Équilibrez tôt, pas à la fin
Les statistiques, les dégâts et les prix se règlent en même temps que le contenu. Un jeu équilibré à la fin est un jeu à refaire entièrement.
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Faites tester par quelqu’un d’autre
Vous connaissez vos énigmes, donc vous ne pouvez plus les évaluer. Un seul testeur extérieur vaut dix relectures.
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Coupez la moitié de vos idées
La cause numéro un d’abandon n’est pas la difficulté technique, c’est l’ambition. Un projet de deux heures terminé vaut mieux que dix projets de quarante heures abandonnés au tiers.
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Publiez
Même imparfait. Le premier retour de joueur apprend plus que six mois de travail solitaire.
Les alternatives sérieuses
RPG Maker n’est pas le seul outil du genre, et il n’est pas toujours le bon. Trois directions valent le détour. Les moteurs généralistes gratuits, plus exigeants mais sans plafond, pour qui accepte d’apprendre à programmer. Les outils spécialisés dans une esthétique précise, en trois dimensions isométrique ou en vue à la première personne. Et les moteurs de jeu narratif, si votre projet est surtout affaire de texte et de choix.
Le bon réflexe : choisissez l’outil en fonction du jeu que vous voulez faire, pas l’inverse. Un jeu au tour par tour classique avec des combats aléatoires, c’est RPG Maker. Un jeu qui s’en éloigne beaucoup, c’est probablement autre chose.
Faire un RPG, c’est d’abord comprendre le genre
Un dernier conseil, et c’est le plus utile. Avant de dessiner votre première carte, jouez et démontez. Regardez comment un donjon dose ses ressources, comment un système de combat oblige à changer de plan, comment un jeu signale un objet manquable. Notre page sur le RPG au tour par tour détaille les cinq familles de systèmes, et nos guides de jeu décrivent des mécaniques réelles, avec leurs réussites et leurs ratés. C’est la meilleure documentation de conception qui existe, et elle est gratuite.